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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 16:26

13 juillet 2009. Toujours en vacances à La Quère dans les Pyrénées Orientales, au lendemain de mon excellente mise en jambe aux Tours de Cabrens, et après de longues réflexions et conversations avec Laurent et Vincent (qui connaissent évidemment bien mieux la région que moi), je décide de me lancer à l'assaut du Pic de Costabonne, à 2.465m. Le Canigou, point culminant de la région, sera pour plus tard... beaucoup plus tard :)

J'ai d'abord un long trajet en voiture de presqu'une heure, pour être à pied d'oeuvre. En route je m'arrête à Prats De Mollo, très joli patelin qu'on commence à bien connaître, le temps de quelques clichés.

Un peu plus loin, je traverse la petite ville thermale de La Preste.
Quand on est ici, on est au bout du monde :) La petite ville ferme la vallée. Nous sommes à moins de 4km de l'Espagne, mais aucune route n'y mène !

Je me gare à 1540m d'altitude, à 10 minutes de la cabane des Conques.

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Cà commence par grimper fort, dans la dense forêt, jusqu'à un petit col, carrefour entre 2 sentiers où je dois biffurquer vers la droite. Col que j'ai bien sûr... dans mon empressement... dépassé sans le voir ! Les grandes herbes (ou les fées) m'ont dissimulés les discrètes pierres portant de précieuses indications ! C'est à cette occasion que je me félicite de randonner équipé d'un GPS de rando. Je ne l'utilise pas pour les cartographies (qui ne sont de toute façon pas chargées sur l'appareil vu que je suis un amoureux des cartes en papier) mais je l'utilise comme altimètre et également pour enregistrer ma trace pour tranquillement l'analyser plus tard devant le PC.
Altimètre qui donc, me permis de voir que j'avais dépassé le Col Baix (à 1693m) ! Demi-tour, donc !
Depuis ce Col, on voit à merveille mon objectif du jour : Le Pic de Costabonne (2465m).
Sur la photo, on voit aussi très bien le sentier droit devant moi, que j'ai erronément suivi pendant un bon 500m.

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Ici, il fait chaud, très chaud. Nous sommes dans le sud, après tout.
Mes réserves de coca seront vite épuisées, je me contenterai donc de remplir mes bidons le long de mon chemin (en bas des névés en fonte, ou aux différents passages à gué).
Le soleil tape... dans la forêt, je profite de chaque instant d'ombre.
Je monte toujours, doucement. Je sors bientôt de la forêt (comme d'habitude vers 1800m).

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Ici, le sentier a tendance à disparaître. Tout se fait de visu et au feeling.
Plus haut, sur la crète que j'atteindrai bientôt, les températures beaucoup plus raisonnables, me feront oublier toute prudence vis à vis des... coups de soleil. Je fus eu ! Et pas qu'un peu...


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J'atteins la "crête" (qui d'ailleurs porte le doux nom de "Les Esquerdes De Rotja"), vers 2230m. J'ai marché 2h30.
Je me retourne pour quelques derniers clichés de la vallée que je quitte provisoirement.
La Preste semble déjà si loin (Mais si, regardez bien, au centre de la photo).

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Au delà, une nouvelle vallée s'ouvre à moi, quelle vue de rêve...

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On devine une ville, que ma carte semble indiqué comme étant Sahorre.

Ce versant inédit de cette crête, exempte de sentier, je dois la suivre pendant 3 ou 4 km sur ma gauche, pour atteindre le gigantesque "cirque" dominé par le Costabonne.

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Je m'éloigne quand même un peu de la crête, pour une merveilleuse rencontre :

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C'est la première fois que je viens dans les Pyrénées, peut-être ce genre de compagnon de route y est fréquent, je l'ignore, mais pour "l'Alpin" que je suis, il s'agit d'une première :)
Ils semblent vivre loin de tout. Ils portent en majorité une grosse cloche, comme les vaches Alpines...
Ambiance :)
Moment magique de cette rando, dont je ne me lasse pas.
Je passe plusieurs dizaines de minutes en leur compagnie, sans oser les approcher de trop près pour ne pas les déranger.

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Je remonte un peu vers la Crête, et récupère un sentier bienvenu. Je me retourne un instant pour ce cliché superbe, un de mes préférés.

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Je ne vous ai pas encore parlé de la qualité... très médiocre des cartes IGN de la région. Les cartes IGN Françaises, je les connais très bien pour les avoir 1.000 fois utilisés dans les Alpes ou dans les Ardennes. Elles m'ont rarement déçues.
Celle de la région présente est... mauvaise, imprécise, on ne peut se fier à pas grand chose... Je le sentais déjà les jours précédents, j'en serai convaincu au soir de cette rando.

Je n'ai jamais trouvé le passage où je devais repasser la crête, et découvrir le cirque du Costabonne, j'ai continué bien trop loin, au moins 100m de dénivellé positif en trop. Pourtant ce passage correspond à un refuge... que je n'ai jamais aperçu. Il est pourtant bien visible, on en trouve une photo sur GoogleEarth.

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De plus, la crête n'est pas franchissable partout, elle est souvent composée de "dents", infranchissables sans équipement, ni expérience...

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Me voici donc beaucoup trop loin, là où la crête s'interrompt en rencontrant cette gigantesque étendue plane, nommée Pla de Campmagre à 2410m d'altitude.
J'y croiserai la seule personne rencontrée en 8h de marche :)

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Je franchis enfin la crête, je prends ce cliché sur ma gauche (le refuge doit être là, tout proche...) ...

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... tandis que devant moi, se dresse, magnifique, le Costabonne. Il surplombe un large cirque sur ma droite, qu'il va me falloir emprunter pour arriver au pied du Pic.
Je me trouve à 2410m d'altitude. Je dois rejoindre le col de Pal à 2319m d'altitude, là quelque part sur ma droite, distant d'au moins 3km, avant de pouvoir gravir le pic en lui-même, qui culmine je le rapelle à 2465m d'altitude.

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Me voici dans le cirque. Il reste 3 ou 4 névés, qui rempliront enfin mes bidons, vident depuis longtemps.

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Quelques centaines de mètres plus loin, je resterai pour le moins dubitatif, devant ce drôle d'instrument de musique... (kèksèksa ????)

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Dans mon dos, se trouve la source du Tech, filet d'eau qui devient quelques km en aval un... fleuve, long de 84km, qui a creusé toute la vallée et qui se jette directement dans la Méditéranée !
Je quitte le sentier pour ce cliché du Tech...

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... et tombe sur ceci !

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Cette carcasse me met dans une ambiance "Western" :) Impossible d'identifier l'animal... plus de membres, plus de tête... Vache ou cheval ?

En parlant de faune, j'ai oublié de vous dire que toute la journée, j'ai été accompagné par une demi-douzaine de bien curieux compagnons... Si çà avait été des charognards, çà aurait encore plus fait ambiance Western :)

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Me voici au Col de Pal, à 2319m d'altitude...

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... que je franchis un instant, pour mettre un pied... en Espagne :)

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Quelles couleurs !


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Qu'est-ce que ceci ?

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Je pense qu'il s'agit (sans certitude) de la borne du Méridien de Paris indiquée sur la carte. A moins qu'il ne s'agisse que d'une simple borne frontière...


La petite plaque jaune, 3 photos plus haut, semble indiqué que le sommet du Pic est à 40 minutes. J'hésite entre le gravir, ou commencer la descente... L'heure tourne... Et mon petit détour involontaire sur la crête ne m'a pas fait gagner du temps. Finalement je le gravirai en... 15 minutes, à marche très forcée :)

En haut, la vue est vraiment affreuse :) çà fait 5h que je suis en route.

Mon pied gauche est en France...

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... le droit en Espagne...

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... mais les 2 sont en Catalogne, de toute façon :)

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Visca Catalunya... je serais à peine surpris de découvrir un Visca Barça :) Mais non, rien vu... (PS pour Juan : En partant, j'en ai laissé un en ton nom ::))))))))))))

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Une borne géodésique. Quel bel endroit pour en mettre une :)

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Puis, je regarde le chemin parcouru.

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En 1 : L'endroit où j'aurais dû franchir la crête (en zoomant la photo originale, on voit le refuge, grrrr).
2 : L'endroit où j'ai effectivement franchi la crête.
3 : La source du Tech.
4 : La carcasse de l'animal.
5 : Le Col de Pal.


La crête, en enfilade. çà n'a pas l'air comme çà, mais elle monte vers la gauche!

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Bon, c'est bien joli mais tout çà mais il faudrait rentrer, maintenant :)
2 solutions s'offrent à moi : Soit tourner les talons, revenir au Col de Pal, et puis plonger à droite dans le creux du cirque.
Soit descendre en face de moi, par un chemin beaucoup plus escarpé.

Soucieux de ne jamais passer 2 fois au même endroit, de manière à découvrir un maximum, je me décide pour le sentier escarpé.


Hou, t'as pas l'air commode, toi.

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Point de sentier ici... Un rudimentaire balisage local m'indique la marche à suivre, puis plus rien.
Plus loin, je rencontre un balisage de GR. Ma carte n'en indique aucun ici, je n'en suis pas à ma première surprise de la part de ma carte, je me réjouis donc d'avoir trouvé ce GR et le suis, convaincu qu'il me mène dans la bonne direction...
Après quelques minutes, je me rends quand même compte que quelque chose ne va pas, le décor en face de moi, ne ressemble en rien à ce que la carte semble indiquer... En fait, le GR est en territoire espagnol, en le suivant, je tourne carrément le dos à ma destination... Et ma carte ne l'indique pas ce GR, car justement, il ne se trouve pas sur le territoire Français. Grrrrrrrrrrr.
Un très large détour dans le contre-bas du pic, sur un terrain pas toujours aisé, fini par me faire remarquer après plusieurs dizaines de minutes, à 500m de moi, un sentier très large en zig-zag, très caractéristique, bien indiqué sur la carte, ayant probablement été terrassé pour l'exploitation des anciennes mines toutes proches.
Me voici revenu dans la bonne direction, il était temps, je commençais sérieusement à m'énerver. Pourquoi ? Ho, une raison toute simple : J'ai peur de rentrer trop tard... Vincent et Stéphanie me font gentiment à souper depuis plusieurs jours, c'est quand même la moindre des choses de rentrer à une heure correcte et souper ensemble...
Et puis aussi, je commence à être fatigué :)


Exemple de terrain peu aisé, par lequel je dois contourner la base du Pic pour retrouver la bonne direction.
Ce détour m'a fait perdre au moins une heure.

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Et je force la marche. Sur ce genre de sentier très large, presque plat, on peut presque courrir.
Je me rends compte ici, puisque je redescends, que je me suis fait méchamment brûlé là-haut... Je marche avec une main sur ma nuque, pour sauver ce qui peut l'être encore...

Plus bas, de nombreux troupeaux de vaches broutent paisiblement. Je pense à Vincent qui ne serait pas du tout rassuré de traverser ainsi, seul, ces troupeaux de plusieurs dizaines de bêtes (alors qu'en fait, elles ont peur des humains...).

J'arrive enfin à un endroit caractéristique dont Vincent m'avait parlé, au niveau de la cabane forestière de l'Ouillat :
Une gigantesque prairie de 400 ou 500m, très pentue, dans laquelle il se verrait bien descendre en VTT... Moi je m'y verrais plutôt en hiver... en ski :)
J'en fais une photo, une fois en bas.

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Juste après la cabane, une très mauvaise surprise : Le gué à franchir (le Tech, encore lui) est ici large, très large, et l'eau abondante.
Je suis très moyennement rassuré, mais pas le choix, il faut passer.
Maintenant, j'ai les pieds trempés. Qui dit pieds trempés et rando, dit cloches énormes... De fait ! Après ma douche, j'en trouverai de la longueur de mon petit doigt !).

Le sentier serpente gentiment, sur un terrain très gras, en pleine forêt. Il fait déjà un peu sombre à mon goût.

Un gigantesque arbre déraciné obstruant le passage, je serai obligé de faire un peu de gymnastique. Et je peste car je sens bien que je suis beaucoup plus en retard que je ne l'aurais souhaité.

Et, ENFIN, je rejoins le Col Baix. Souvenez-vous, c'est le tout premier col de ce matin, où j'avais raté la biffurcation...
Il y a beaucoup plus de monde que ce matin :)
Notez, par terre, les pierres symbolisant le carrefour, que je n'avais pas vu ce matin...

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Oulà, il était temps de redescendre, le sommet du Costabonne est dans le coton...

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Je suis fourbu. J'ai quitté la voiture il y a plus de 8h.


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Avec un GPS, on peut sortir ce genre de graphique :)
Les 6 derniers km, dans la forêt humide, étaient interminables...
Etonnant aussi de constater que le point le plus élevé de la crête, est presque aussi haut que le sommet du Costabonne.

A peine rentré au gîte, à peine restauré, qu'on me kidnappe pour aller à Prats-de-Mollo (J'en reviens ! :)
On viendra très nombreux du gîte, pour y assister à un splendide feu d'artifice (Fête nationale oblige!). Un souvenir inoubliable en ce qui me concerne. Il faut imaginer toute la population qui se retrouve sur le large pont dans le bas de la ville, avec une vue très proche de mon cliché ci-bas. Le show pirotechnique étant tiré depuis les remparts du fort Vauban qui domine la ville.

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Dans la seconde où commence le spectacle, l'ensemble de l'éclairage public s'éteint en un clin d'oeil. Ambiance extraordinaire, souvenir mémorable...
Ensuite, la soirée se poursuivit par quelques apéritifs locaux, assis en terasse sur une des places de la vieille ville, à quelques mètres de la Mairie. Les femmes prirent des Banyuls, les hommes des Byrrh. La fanfare municipale ne manqua pas de venir jouer la Marseillaise devant la Mairie, Marseillaise qui me fout toujours la chair de poule, encore plus dans un contexte pareil :)
Ils enchaînèrent sur de nombreux airs de Sardane (danse Catalane), qui est à mon goût, plutôt endormante mais qu'importe :) Des dizaines de personnes se mirent à danser sur cette place minuscule. Ambiance fabuleuse !
J'ai 8h de marche dans les jambes, soit 25km pour 1.500m de dénivellé positif,  je ne suis pas douché (Pas eu le temps !), j'ai les pieds trempés suite à mes nombreux passages à gué de la journée... et pourtant, je suis tout simplement en train de passer un des meilleurs moments de ma vie :) Fabi et Antoine n'arrivèrent dans les Pyrénées que le lendemain, quel dommage qu'ils aient raté çà...
Dommage aussi que Vincent et Stéphanie n'aient pas pu en être non plus, coincés qu'ils étaient au gîte avec la petite qui dormait... J'ai donc vécu cette magnifique soirée, avec des gens adorables, que je ne connaissais pas 5 jours avant ! C'est çà aussi la magie des vacances à La Quère :)

Olivier (pompier à Bastogne), Sandrine, Laurent, ainsi que le directeur d'école et sa femme, dont on a honteusement oublié les prénoms (shame on us) : Si vous lisez ces lignes, je vous salue bien bas :) Et encore merci pour ces grandes conversations jusqu'à 1h du matin, aggrémentées de camemberts pètés, arrosées de cararilio caliente (orthographe?), sous les étoiles des Pyrénées à faire découvrir la voie lactée à ceux qui ne l'avaient jamais vue...

Salut aussi à Marc et son épouse, qui ne logaient pas avec nous puisqu'ils possèdent une maison là-bas... Les plus Catalans des Bastognards :) Toujours un plaisir de trouver quelqu'un avec qui discuter des vieux films de Gabin :::))))))

Et enfin, un tout grand MERCI à Vincent et Stéphanie, de nous avoir fait découvrir La Quère :)


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Published by gore - dans Montagne
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commentaires

Biquet 20/11/2010 11:26


Quel plaisir de lire, quel plaisir de vous revoir (en photo)
J'aurai le même plaisir à vous revoir en 2011 pour d'autres discussion sur Gabin.
A bientôt


Marie 09/11/2010 00:11


Tcheu dis, qué n'affaire ta promenade! Une (pourtant folle) envie de faire pipi n'est pas parvenue à me déscotcher de ton article.
Tout évolue, y compris la terminologie d'une terrrrip' tradition culinaire : il fut un temps où Vincent parlait de "Camembert braisé"... :-)


François 15/02/2010 11:26


L'odeur du camembert en moins, mais l'odeur du Byrhh en plus, ... dans un petit verre à côté de mon PC :)


Vincent 14/02/2010 21:12


Très bon rapport... On y retourne? Un jour surement!!! Quel plaisir de lire ton récit... Comme si on y était l'odeur du camembert pété en moins ;-)


Gauthier 13/02/2010 20:25


Tcheu, quelle histoire
J'ai pas encore tout lu (pas déconner non plus, pas que ça à fout')

Petite remarque, tu indiques en parlant de la photo d'oiseau: Si çà avait été des charognards, çà aurait encore plus fait ambiance Western

De ce que j'en vois, il s'agit d'un rapace de la famille des accipitridae car il a les rémiges primaires digitées (si si je t'assure)
Dans cette famille, ceux qui ont une queue très courte et surtout des couvertures plus claires que les rémiges, il n'y en a pas beaucoup (c'est d'ailleur un des critères de l'èspèce). La tête
claire confirme l'identification du Vautour fauve.
En ce qui concerne son régime alimentaire: Le vautour fauve est nécrophage strict, c'est à dire qu'il se nourrit exclusivement de cadavres. (pour ma part, c'est la définition même de
"charognard")
Belle bête en tout cas, mais je te rassure, tant que t'es pas mort tu ne risques rien... mais s'ils te suivaient, peut être qu'ils espéraient... t'avais l'air crevé ou quoi? (ha ha ha, facile)